Les Ménuires vs Val Thorens : quelle station choisir pour cet hiver ?

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Alors, on hésite ? C’est le dilemme classique de celui qui veut s’offrir le meilleur des 3 Vallées sans savoir si son cœur bat pour la « conviviale » ou la « vertigineuse ». D’un côté, Les Ménuires, souvent sous-estimée mais stratégiquement imbattable. De l’autre, Val Thorens, la plus haute d’Europe, qui brille par son prestige international. Entre les deux, le match est serré mais comme on dit chez nous à l’Agence des Alpes : tout dépend de ce que vous cherchez à vivre une fois les chaussures de ski déchaussées.

L’altitude : le grand argument (et le grand malentendu)

Val Thorens aime rappeler qu’elle culmine à 2 300 mètres, station la plus haute d’Europe, merci bien. C’est vrai, c’est impressionnant et ça garantit un enneigement de début novembre à début mai. Les Ménuires, elles, s’étalent entre 1 400 et 2 850 mètres. Attendez, 2 850 mètres ? Oui, parce que le domaine skiable des Ménuires monte bien plus haut que le village de Val Thorens lui-même. La Pointe de la Masse, accessible depuis Les Ménuires, vous fait grimper à 2 850 mètres, soit 550 mètres de plus que le point le plus haut de Val Tho.

« C’est le malentendu classique, observe Laurent, conseiller immobilier à l’Agence des Alpes depuis douze ans. Les gens pensent que Val Thorens, c’est automatiquement plus haut, donc mieux enneigé. Mais en réalité, vous skiez aux mêmes altitudes dans les deux stations. La différence, c’est que le village des Ménuires est 900 mètres plus bas, ce qui change tout pour l’accès, l’oxygène, et le prix du café. »

Concrètement, en janvier 2026, Météo France enregistrait une couche de neige de 145 cm à Val Thorens et de 130 cm aux Ménuires. Une différence qui tient plus du micro-climat que d’une vraie supériorité. Et si vous êtes sensible au mal des montagnes ou que vous trimballez de jeunes enfants, dormir à 1 850 mètres plutôt qu’à 2 300, c’est loin d’être anecdotique.

Le prix : là où ça pique (ou pas)

Parlons argent puisque c’est souvent le nerf de la guerre. Pour une semaine en studio quatre personnes, période de février 2026, comptez en moyenne 1 200 € aux Ménuires et 1 850 € à Val Thorens. Même profil, même standing, même proximité des pistes. L’écart n’est pas symbolique : il représente un forfait famille pour la semaine ou trois repas au restaurant.

« En immobilier, c’est encore plus marqué, poursuit Laurent. Un trois-pièces cabine de 40 m² se négocie autour de 220 000 € aux Ménuires contre 340 000 € à Val Thorens pour un bien équivalent. Et on parle du même domaine skiable, hein. Même ski-in/ski-out, même exposition sud, même vue sur la vallée. Mais l’étiquette Val Thorens ajoute mécaniquement 30 à 40 % à la facture. »

Les forfaits de ski ? Identiques. Les deux stations font partie des Trois Vallées donc un seul et même pass à 394 € pour six jours en haute saison. La location de matériel, pareil. Le sandwich au fromage fondu à midi sur la terrasse ? Bon, là, tout le monde vous arnaque équitablement.

Ce qui change, en revanche, c’est l’offre de logements : Les Ménuires alignent davantage de résidences de tourisme et d’appartements familiaux à prix contenus tandis que Val Thorens multiplie les hôtels quatre étoiles et les chalets haut de gamme. Question de positionnement, de clientèle, de storytelling. Rien de mal à ça mais autant le savoir avant de réserver.

L’ambiance : jeunes loups contre familles tranquilles ?

Val Thorens a longtemps cultivé son image de station festive voire carrément électrique. Bars en altitude, DJ sets au pied des pistes, foule internationale, groupe de jeunes Anglais en combinaisons de tigres. La Folie Douce, l’emblème du genre, attire chaque après-midi son lot de skieurs-fêtards qui enchaînent mojitos et chorégraphies sur tables. Si vous aimez l’énergie, les rencontres, l’ambiance un peu décomplexée, c’est un argument de poids.

Les Ménuires, elles, jouent une autre partition. Plus discrète, plus familiale, avec une architecture qui, soyons francs, ne gagnera jamais de prix de beauté mais qui assume pleinement sa fonction : mettre tout le monde au pied des pistes sans chichi. Ici, on croise des habitués, des tribus qui reviennent chaque année, des gens qui connaissent leur boulanger par son prénom. L’ambiance est décontractée, moins « posée » aussi. Moins de selfies sur la terrasse plus de parties de cartes après le ski.

« Ce que j’entends souvent de mes clients, c’est : ‘Aux Ménuires, je me sens chez moi’, raconte Laurent. Pas de pression, pas de code vestimentaire tacite, pas de compétition de paraître. Vous venez en famille, vous skiez, vous rentrez, vous mangez, vous dormez. C’est presque un luxe, cette simplicité. »

Ceci dit, Les Ménuires ne sont pas un village fantôme non plus. Vous y trouverez bars, restaurants, animations pour les enfants, écoles de ski réputées. Simplement, tout se passe quelques décibels en dessous. Si votre idée du bonheur c’est d’être au lit à 22 heures après une fondue, vous êtes au bon endroit. Si vous voulez danser sur une table au son de « Freed From Desire », direction Val Tho.

L’accès : la galère ou la relative tranquillité

Val Thorens se mérite. Perchée au bout d’une route sinueuse de 25 kilomètres depuis Moûtiers, elle impose une montée finale qui peut virer au cauchemar en cas de neige ou de départ de vacances scolaires. Les files de voitures, les poids lourds qui peinent, les chaînes à mettre : un classique. Comptez, en moyenne, trois heures et demie depuis Lyon un samedi de février, voire quatre si la météo s’en mêle.

Les Ménuires, accessibles par la même vallée mais 7 kilomètres avant Val Thorens, écourtent le supplice. Vous gagnez une vingtaine de minutes, ce qui peut sembler dérisoire, sauf quand vous avez deux enfants à l’arrière qui hurlent depuis Albertville. Depuis l’ouverture de la déviation de Moûtiers en 2022, le trajet s’est encore fluidifié : environ trois heures depuis Lyon, deux heures quarante depuis Genève.

« Les clients qui achètent pour louer regardent ça de près, note Laurent. Chaque kilomètre compte. Une location plus accessible, c’est un taux de remplissage supérieur surtout sur les weekends prolongés où les gens ne veulent pas perdre une demi-journée sur la route. »

En transports en commun, l’équation est similaire : gare TGV de Moûtiers, puis navette vers l’une ou l’autre station. Val Thorens ajoute un segment, Les Ménuires sont plus directes. Dans les deux cas, on est loin de la facilité d’un Chamonix ou d’un Annecy mais c’est le prix à payer pour skier dans le plus grand domaine du monde.

Le ski, parlons-en (enfin)

Parce qu’au fond, c’est quand même pour ça qu’on vient. Les deux stations offrent un accès immédiat aux 600 kilomètres des Trois Vallées, donc sur le papier, stricte égalité. En pratique, les nuances existent. Val Thorens s’ouvre directement sur la Cime Caron (3 200 mètres), avec ses pistes vertigineuses et ses panoramas à couper le souffle. C’est spectaculaire, c’est vendu dans tous les guides, c’est l’argument choc.

Les Ménuires, elles, déroulent un réseau de pistes un peu plus progressif, avec la Pointe de la Masse en point d’orgue et un accès facilité vers Méribel et Courchevel via le Mont de la Chambre. Pour les skieurs moyens ou les familles, c’est souvent plus confortable : moins de monde sur les télésièges, des pistes larges, bien damées, sans la pression des descendeurs du dimanche qui vous frôlent à 80 km/h.

« En termes de ski pur, la différence est marginale, assure Laurent. Vous aurez toujours des puristes pour dire que telle combe à Val Thorens est la plus belle mais honnêtement, si vous skiez bien, vous vous régalerez autant dans les deux stations. Et si vous skiez mal, vous trouverez aussi largement de quoi progresser. »

Les files d’attente ? Globalement, Val Thorens souffre un peu plus de son succès, surtout en haute saison. Les Ménuires, avec leur capacité d’accueil mieux répartie sur plusieurs secteurs (Reberty, Preyerand, La Croisette), diluent davantage les flux. Un détail qui compte quand vous payez 400 balles le forfait.

Le tableau comparatif (pour ceux qui aiment les chiffres)

CritèresLes MénuiresVal Thorens
Altitude station1 850 m2 300 m
AmbianceFamiliale, sportive, détendueFestive, internationale, haut de gamme
Point fort SkiVersant de la Masse (neige exceptionnelle)Garantie neige (sommet à 3 230 m)
Budget moyen€€ – Plus abordable€€€ – Premium
AccèsPlus facile (en bas de vallée)Route plus longue et sinueuse
Après-skiRestaurants cocooning et centres aqualudiquesClubs, bars à ambiance et gastronomie

Alors, verdict ?

Choisir entre Les Ménuires et Val Thorens, c’est un peu comme choisir entre un excellent vin de producteur et un grand cru classé : les deux vous donneront le sourire mais l’un se déguste avec plus de simplicité. Si vous voulez être au cœur de l’action et que le budget suit, foncez à Val Thorens. Si vous voulez optimiser votre séjour, profiter du soleil et d’un accueil plus personnalisé, Les Ménuires vous attendent les bras ouverts. 

« Ce que je dis toujours à mes clients, conclut Laurent, c’est qu’il n’y a pas de mauvais choix entre les deux. Il y a juste le bon choix pour vous. Val Thorens, c’est le coup de cœur, l’émotion, le rêve. Les Ménuires, c’est la raison, le pragmatisme, l’investissement malin. Après, certains ont les moyens de choisir l’émotion, et tant mieux pour eux. Mais pour beaucoup, la raison permet de revenir plus souvent, et finalement, c’est peut-être ça, le vrai luxe. »

Dans tous les cas, n’oubliez pas : peu importe la station, le plus important reste la qualité de votre hébergement. Et pour ça, on connaît quelques pépites qui pourraient bien vous faire craquer cette saison…